Textes de l'album "Demain le chaos"



DEPUIS 6000 ANS LA GUERRE (Victor Hugo)

Depuis six mille ans la guerre
Plait aux peuples querelleurs,
Dieu perd son temps à faire
Les étoiles et les fleurs.
Les conseils du ciel immense,
Du lys pur, du nid doré,
N'ôtent aucune démence
De l'homme effaré.

Les carnages, les victoires,
Voilà notre grand amour ;
Et les multitudes noires
Ont pour grelot le tambour.
C'est d'avoir à la bouche
La salive des clairons.
Les sombres âmes s'allument
Aux lumières des canons.

La gloire, sous ses chimères
Sous ses chars triomphants,
Met toutes les pauvres mères
Et les petits enfants.
Cela pour des altesses
Qui, vous à peine enterrés,
Se feront des politesses
Pendant que vous pourrirez,

Que, dans le champ funeste,
Les chacals et les oiseaux,
Hideux, iront voir s'il reste
De la chair après vos os !
Aucun peuple ne tolère
Qu'un autre vive à côté ;
Et l'on souffle la colère
Dans notre imbécillité.

On se hache, on se harponne,
On court par monts et par vaux ;
L'épouvante se cramponne
Du poing aux crins des chevaux.
L'aube est là sur la plaine !
J'admire, en vérité,
Qu'on puisse avoir de la haine
Quand l'alouette a chanté.



INCOMPREHENSION (Joe)

Je crois que dehors il fait peur.
Enfermé dans ma demeure,
je pense à un avenir meilleur,
Afin d’évacuer mes peurs.

Je ne suis pas Charlie
Ni les frères Kouachi.
Je ne suis pas Charlie
Ni Coulibaly.

Rencontrons-nous le bonheur ?
Mais aujourd’hui ce sont des pleurs,
des explosions, des balles et de la fureur.
Éteindrons-nous la rumeur ?

Pour la liberté d’expression,
Ils blasphèment les religions.
Pour la religion ils assassinent,
Ils assassinent sans raison.

Allez-vous vous y retrouver,
vous qui êtes athées,
devant tant de préjugés ?
Eglises, synagogues, mosquées !



JE VEUX ETRE DEPUTE (Joe)

Vaguement connu dans mon beau quartier,
Je brigue un poste d’élu, celui de député.
Sorti vainqueur de ma circonscription,
Haut les cœurs ! je crée ma commission.
Une fois à l’assemblée, comme un parvenu,
Je dépense sans compter tous mes revenus.

Je veux être député, voter à l’assemblée,
Dormir à l’Elysée et passer chez Ruquier !
Je veux être député, voter à l’assemblée,
Manger «Chez Françoise» à la sauce bourgeoise !

En haut du perchoir, au-dessus des guignols,
J’agite mon mouchoir, soulève ma banderole.
Pis que pends mes collègues vocifèrent sans écouter,
A rendre bègue tous ces huissiers.
Au journal officiel, à l’ordre du jour,
Je mets le oaï partout, je place mon humour.

Vaguement libéré du poids encombrant
De toutes ces années passées en me gavant,
Je pars le cœur léger retrouvant ma région,
Ma femme, mon chien et mon beau pavillon.
Nul doute qu’au final par mes lois loi votées
Pas de redressement fiscal, je peux en profiter.



PARLO PATOIS (Joe)

Fallo pô m’agriger
Cô moins me basiner.
A force de beurler
Tu vas claboter.
Arrêtô de babetter,
Pensô à chouffler.
A force de grévisser,
Tu m’donnô la darnée.

‘Core heureux Y’a pas l’feu !
‘Core heureux q’t’es amitieux.
Fini dont d’balloquer
Et de me rembarer.
A force de m’engrainer,
J’vô t’foutt' une branlée.



TOUS N'ONT PAS SURVECU (Joe)

L’indispensable rénovation
De notre mondovision
Laisse abscons notre vision
Qu’on les gens du pardon
Emportée hors du néant,
La pensée qu’auparavant
Il suffisait d’allant
Pour trouver l’apaisement.

Tous n’ont pas survécu
A ces balles perdues
Tous n’ont pas survécu
A cet idéal tordu !

L’Idéal de la croyance
Qui porte à la déviance,
Une image de méfiance,
Un désaveu de confiance.
Les portes ouvertes en enfer
Prendre la main à Lucifer
Embraser toutes ces Chimères
Et briser les frontières

L’indispensable rénovation
De notre mondovision
Laisse abscons notre vision
Qu’on les gens du pardon
Si vous n’avez rien pécho
Normal c’est de la philo
De comptoirs pour intello
Citadin ou bobo.



DEMAIN LE CHAOS (Joe)

Aux auteurs de cette gabegie,
je consacre mon mépris.
Pour cette manipulation,
je crée une abomination.
Aux auteurs de cet incendie,
Je commande d’envoyer la pluie.
En dehors des sentiers battus,
L’animal est revenu.

Dehors le désordre ; demain le Chaos.
Devant vos méfaits je pose mon véto.

Je confère qu’il est bien temps,
Enfin de montrer les dents.
Devant l’amnésie collective,
Il nous faut une action rapide.
Je coupe les derniers repères
Avec ses langues de vipère.
Détruire ces médias de masse
Et effacer toutes leurs traces.



LES MAUX DE L'AME (Joe + refrain : citation de Platon)

Les âmes abimées n’ont que leurs yeux pour pleurer
Et se révolter contre leur destiné.
Les âmes abimées ont déjà épuisé
Leur compte de saletés pour l’éternité.

Les maux du corps sont les mots de l'âme.
On ne doit pas chercher à guérir le corps
Sans chercher à guérir l'âme.

Les âmes abimées se noient à la criée
suffoquant en apnée, lors des grandes marées.
Les âmes abimées se sont égarées
Sur les charniers de la prospérité.

Les âmes abimées ont les yeux blessés
D’avoir tant regarder de calamités.
Les âmes abimées ont cette faculté
De se ressourcer puis de sombrer.



DE SANG (Joe)

Tes mains tâchées de sang !
Tu n’as pas manqué de cran !
Mais qu’est-ce que tu attends ?
Peut-être la fin des temps !

Tu t’es évadé de tes pensées,
Dévié par ces gens énervés.
Tu leur as pourtant demandé
De laisser tomber.

T’as voulu changer de plan !
T’aurais pu y penser avant !
C’était pas le jour à t’embrouiller,
Plusieurs mois à ruminer.

Tu n’as pas pris de gants
En prenant les devants.
Tu leur a cassé les dents.
Tes mains tâchées de sang !



SEDAN BY NIGHT (Joe)

Le match vient de se terminer
On s’achemine vers le troquet
Pour boire un verre et déconner
La ville de Sedan va trembler !

Sedan by Night
Ça sent la ripaille !
Attention la pagaille !

On monte la rue St Michel
Boire une canette chez Marseille
Ça sent pas l’produit vaisselle
Les couleurs pas vraiment pastelles.

On marche vers le Cappel
Pour grailler du demi-sel.
Boire un canon de rouge
Avant que la terre ne bouge

On zone sur les quais de Meuse
A la recherche d’une gueuze.
Puis l’ouverture du bar Nassau
Pour un café calva bien chaud



KING KAZU (Joe)

Au pays mystique du Shochu,
On le surnomme King Kazu.
Son nom Kazuyoshi Miura
Est une légende là-bas.

Des passements de jambes de fou
Oui le voilà : King Kazu !

Son papa était trafiquant
Au pays du soleil levant.
Aventurier mythomane,
Amateur de psychodrame.

Inspirateur d’Olive et Tom,
Sur le pré, il dribble comme personne.
Au royaume de Pelé
Ses gestes sont de grande qualité.



MER D'HUILE (Joe)

Ce matin à mon volant
Pas besoin d’Efferalgan.
Je vais retrouver mon spot
Avec ma bande de potes.

Pas un poil de vent, soleil au levant
Vagues immobiles sur une mer d’huile.

C’est quoi ce bordel
Sur cette plage fidèle.
Je croyais surfer
Toute la journée.

Qu’est-ce qu’on va glander
Sur cette putain de baie.
Jouer à am, stram, gram
Picoles et grammes.



Textes de l'album "Honte à vous"



FULL MITTAL RACKET (Joe)

En passant par la Lorraine
T’écoutes plus cette rengaine
Dans la vallée sinistrée
Des ouvriers sacrifiés.
Que tu sois rouge ou orange
T’es métallo à Florange.
Non loin de « Longwy la rouge »
Les syndiqués se bougent.

Full Mittal racket
C’est pas un film c'est un fait
Full Mittal racket
Sans costume ni trompette

Le géant de l’acier
T’a bel et bien croqué.
Tu n’chantes plus les louanges
De la vierge de Hayange.
Les vestiges des hauts-fourneaux
Révoltent les prolos.
A la place un golf va naître.
Histoire de te faire bien mettre !



CHANTE LA RAYA (Joe)

Musique énervée
Sunlights saccadés
Son saturé
Maintenant ne reste plus qu’à chanter !

HOURRA ! HOURRA ! Danse la Raya !
HOURRA ! HOURRA ! Chante la Raya !

Fosse irradiée
Public déchainé
S.O. débordé
Maintenant ne reste plus qu’à danser !

Ambiance survoltée
Chaleur élevée
Corps surchauffé
Maintenant ne reste plus qu’à s’hydrater !

Buvette surchargée
Toilettes inondées
Keupons fatigués
Maintenant ne reste plus qu’à se rentrer !

HOURRA ! HOURRA ! Danse la Raya !
HOURRA ! HOURRA ! Chante la Raya !
HOURRA ! HOURRA ! Dort la Raya !
HOURRA ! HOURRA ! Rêve la Raya !



EXCOMMUNICATION (Cédric Latour)

Une église bafouée par des scandales d’vieux PD
Ou quand la religion rime avec l’abjection.
Sans vouloir jeter l’opprobre sur tous ces mecs en robe
La profusion des cas me laisse un peu pantois.

Dans les journaux défilent des prêtres pédophiles
Pas du tout envie de prier mais plutôt envie de gerber !

Je passerai pour un infidèle mais marre de ces criminels
De ces mecs en soutane qui chassent les jeunes profanes.
Ils fleurissent dans les chapelles à la recherche de proies nouvelles
Pour les femmes c’est l’abstinence, les enfants la récompense

Certains curtons dépravés semblent avoir oublié
Qu’abuser des p’tits garçons ne relèvent pas de leur fonction
Et ça sous l’œil bienveillant des enfoirés du Vatican
A quoi donc pensait le curé en me trempant dans le bénitier ?



MARSEILLE FAR WEST (Joe)

Depuis les docks jusque l’Estaque, du centre-ville au quartier nord
C’est l’ère des chargés de la mort, à coups d’aka et de matraque !
C’est la course au grand déballage, on tire, on frappe, on kidnappe.
Tous sont muets comme des carpes, l’atmosphère sent le carnage.

Marseille est devenu l’enfer sous le ciel bleu de la Canebière
Marseille est devenu amer devant le poids de cette guerre !

Une sardine a bouché le port, les scooters servent de porte-avions
D’où l’on envoie en mission une armée de croquemorts.

Les sheriffs ripousés de la bac ont laissé le terrain aux gangs
Qui s’enivrent au kaoliang préparant la future attaque !



SANTA MONDEGA REGGAE (Joe)

En sortant mon gun de mon sac
J’ai senti une odeur d’ammoniaque.
Le son d’un très long feed-back
Me plongea dans un flash-back.

Des coups d’flingues… PARTOUT !
Des flaques de sang…….PARTOUT !
Des odeurs de poudre…PARTOUT !
Une putain d’trouille…..SURTOUT !

La première balle siffla à mes oreilles
Comme un bourdonnement d’abeilles.
J’ai vu le kid avec sa bouteille
Une lueur dans ses yeux qui émerveille.

Dans les rues de Santa Mondega
Prie qu’il n’y ait pas de fiesta de la luna.
Ne fais pas l’erreur que tu regretteras :
Etre un pistolero et BASTA !



HONTE A TOI ! (Joe)

En parcourant ton long dessein
J’aurais pu cibler tes rêves et ton destin.
Tes dernières virées à l’hôtel
M’ont laissé un goût amer et irréel.
De libertin à proxénète
Tu as franchi le pas sans t’en remettre.
Du Carlton jusque la grande pomme
Tu as sali des putes de luxe mais aussi des bonnes.

Ton avenir était tout tracé.
Tu étais au sommet de ta popularité.
T’es obligé de te cacher
Dès lors traqué par une presse déchaînée.

DSK honte à toi !
J’espère que le ciel te pardonnera.

Tu as pris un ton solennel
Pour expliquer l’irrationnel.
Que t’as pas planqué d’argent
Tu peux le jurer devant le parlement.
De plasticien à vaurien
Tu as franchi le pas sans soutien.
De la Suisse à Singapour
Tu as semé tout le monde et sans retour.

Ton avenir était tout tracé.
Tu étais au sommet de ta popularité.
T’es obligé de te cacher
Dès lors traqué par une presse déchaînée.

CAHUZAC honte à toi !
J’espère que le ciel te pardonnera.



CIEL DE PLOMB (Joe)

Gangsters modernes à l’assaut de la moindre oseille.
Que ce soit du cash ou du bien matériel,
Ils pètent des vitrines ou braquent les petites vieilles.
Ils mettent la ville à feu à la moindre étincelle.

Ce soir j’ai comme un frisson,
ça sent l’agression
Sous un ciel de plombs.
Ce soir j’ai comme l’impression
Qu’ça sent l’explosion
Sous un ciel de plombs.

Dealers de came ou esprits vagabonds,
Ils sillonnent les rues d’un air furibond.
À l’affut de la moindre hésitation,
Ils te rentrent dedans et c’est la baston !

Se promener en famille n’a plus de prix.
Entre les bombes, les balles et la folie,
Notre esprit vacille et demande la vie.
Alors qu’au loin résonne l’hallali.



PLUS FORT (Joe)

C’est toujours l’omerta, quand on tombe sur ces gars.
On avance pas à pas, en position de combat.
Nous nous tenons de front, chantons à l’unisson,
Cette fière chanson, en mode accusation.

TOUT CELA NOUS RENDRA PLUS FORT !

Ils ne nous calculent pas, feignant qu’on ne soit pas là.
Ils ignorent nos combats, s’immisçant dans le gotha.
Nous nous tenons de front, chantons à l’unisson,
Cette fière chanson, en mode accusation.

Leur mépris nous ravit, Ils doivent être bien surpris.
Notre vie c’est ici, résistant à l’ennemi.
Nous nous tenons de front, chantons à l’unisson,
Cette fière chanson, en mode accusation.

Ils sont tellement sournois, nous peut-être maladroits.
Mais nous croisons les doigts, nous sommes sur la bonne voie.
Nous nous tenons de front, chantons à l’unisson,
Cette fière chanson, en mode accusation.




Textes de l'album Chienlit générale



SKA-CLUB 69 (Joe)

Un rhum vieux jamaicain
"Old Jamaica Sangster",
Sous le drapeau éthiopien
Au son de Desmond Dekker.
Offbeat à l'Alpha Boys School,
L'rock-steady entre dans la danse.
C'est le pur son qui déboule
Ouvrant la piste en cadence.

Ceux qui n'savent pas danser
Disent que la musique n'est pas bonne
Ceux qui n'savent pas skanker
Pensent que ça vaut l'coup d'essayer

Pattes d'éph, treillis mythiques,
Les rude boys sèment la terreur.
Prince Buster lance des lyriques
Pour calmer leur folle ardeur.
Skatalites dans les dance-halls,
Claque Guns of Navaronne.
Entre deux matchs de football
Trojan défiait Coxsone.



SPEED JACKED (Cédric Latour)

Une pluie de records mondiaux
Les français ont mis le turbo
En aucun cas c'est litigieux
Pas de doute, c'est merveilleux !
Ils explosent tous les chronos
Ils sont les rois dans l'eau
Ils sont tous au firmament
Pas de doute, c'est l'entraînement !

Speed, speed, speed jacked
Speed, speed, speed jacked

Ils seraient tous d'Italie
Qu'on crierait à la tricherie
Mais on n'touche pas à la France
Pas de doute sur les performances !
La victoire est pour Phelps
On trouve douteux ses biceps.
La victoire est pour Bernard
Pas de doute c'est le panard !

Ils battront des espadons
Et ça n'éveille aucun soupçon
C'est grâce à la combinaison
Pas de doute, pas d'injection !
Un français n'peut pas se doper
Il est trop bien contrôlé
Mais ça c'est de l'ironie
Pas de doute, c'est pourri aussi !



LA TRIBU DES TETES BAISSEES (Joe)

Avez-vous remarqué ces derniers temps,
Un comportement déplacé de nos enfants ?
Ils semblent piquer du nez tout en marchant,
Les yeux rivés sur un bien petit écran.

Venez regarder cet étrange défilé
Venez regarder la tribu des têtes baissées.

Ils se croisent sans pouvoir s'apercevoir
De la fuite immodérée de leur savoir.

Dans la morne cohue des grands halls de gare
Jusqu'au parvis de nos lycées au teint blafard.



CACHE TON CASQUE (Joe)

A peine fini ton déjeuner,
Te voilà prête pour ta journée.
T'enfiles ce casque sur tes oreilles.
L'écoute des autres mise en veille.

Cache ton casque, cache ton casque !
Libère tes oreilles, nettoie ton cerveau !

Le pire c'est que tes congénères,
Semblent goûter les mêmes travers.
C'est toute une génération
Qui porte un casque à boulons.

A peine entrée dans tes draps
Il faut que tu remettes ça.
Le marchand d'sable ne passera pas,
Tu restes seule tant pis pour toi.



Y-A PAS SI LONGTEMPS (Thex)

Y'a pas si longtemps, quand j'étais petit,
J'm'étais fait une certaine idée d'la vie,
Un boulot tranquille quelque part,
Une grande baraque pleine de moutards,

Y'a pas si longtemps, quand j'étais petit,
J'm'étais fait une certaine idée d'la vie,
Mon boulot est bien trop peinard,
Au bistrot, je m'dis : " il se fait tard... "

Y'a pas si longtemps, quand j'étais petit,
J'm'étais fait une certaine idée d'la vie,
A mon âge, les gosses, c'est déjà trop tard,
Ma baraque en ruines, il faut que j'me barre !

Y'a pas si longtemps, quand j'étais petit,
J'm'étais fait une certaine idée d'la vie,
Encor(e) deux ans et je n'ai plus d'métier,
Tel que tu me vois, je n'suis pas tombé !

Y'a pas si longtemps, quand j'étais petit,
J'm'étais fait une certaine idée d'la vie,
J'ai encore quelques potes mais des soulauds
Je leur en montrerai, à tous ces salauds !



LE FUTUR N'EST PAS ECRIT (Joe)

Ankara, Londres ou Broomfield
C'est sûrement ici ou là
Que tu es devenu pour moi
Cet être si volubile.
Le long de tes appels
Je t'ai suivi pas à pas.
Le temps de tes combats
Je t'ai cru immortel.

HEY JOE le futur n'est pas écrit
HEY JOE demain n'existe plus !
HEY JOE le futur n'est écrit
HEY JOE demain n'existe plus !

Les légendes ont la vie dure.
Au plus noir d'elles-mêmes,
La lumière est suprême.
Leur cœur est si pur.
R'n'roll reggae dub Star,
Ta magie des vrais mots
A enfui sous les flots
De nombreux ringards.

White man à l'Hammersmith
Ou dernier combattant du rock
Ce fût un électrochoc
De t'avoir, un délice !
Le long de tes appels
Je t'ai suivi pas à pas.
Le temps de tes combats
Je t'ai cru immortel.



N'OUBLIEZ JAMAIS (Joe)

A la Coupole sous cette coupole un soir de mai à se regarder,
Nous avons quelque chose de pas très banal dans cette cité triste à crever.
Deux serveurs s'éprenant pour des fachos pour passer le temps
Car il n'y a rien de mieux à faire mais de plus chiant que de passer le temps.

Dans un bus de leur pays tous ces fachos étaient venus
Venus en France ou revenus pour boire du Champagne qu'ils ont bien bu.
Tous ces touristes de tout âge, de toutes générations confondues
Venus en France ou revenus dans cette France qu'ils ont tant déçue.

A l'entrée de cette Coupole comme un incertain printemps
Le rire aux lèvres, les yeux reflétant ce dur temps
Où nous étions tous comme maintenant que des enfants, que des perdants.
Mais tout ça c'est du passé dépassé par leurs pensées.

Tous en chœur fachos et serveurs semblaient chanter à l'unisson,
Cette chanson qui fût la leur à l'heure de leur grandeur.
Tous en cœur, plus de rancune, plus fort, plus d'amertume.
Tout oublier en cette soirée, en cette soirée d'un putain mois de mai.

Etonnés puis fascinés par tous ces regards, par toutes ces paroles,
Les deux serveurs ont semblé retrouver une autre forme de vie privée
Que celle qui règne dans leur quartier toujours bien noire toujours bien bronzée.

Puis au passage d'une frontière, leurs visages se crispèrent
Lorsqu'ils se rendirent compte que tous revêtaient l'uniforme gris vert
Et que le conducteur n'était autre qu'Adolf Hitler.

N'oubliez jamais cette journée de trente-trois
N'oubliez jamais tout le mal qu'ils nous ont fait.



CHIENLIT GENERALE (Joe)

A l'heure où la rumeur dégueule
Faut pas faire sa bégueule.
C'est la lutte finale des médias,
La mort de l'intelligentsia.
Les uns vident leur marigot,
Les autres crachent des brûlots.
Les vieux, les jeunes sont dans la rue
Mais contre le nain c'est peine perdue.

C'est la chienlit générale
Comme un touché rectal
Ou une droite stomacale
C'est la chienlit générale

L'heure de la retraite n'a pas sonné
Alors qu'à l'assemblée apaisée,
Les députés rejettent l'amendement
Qui les rendait égaux aux gens.
Après le fracas, un remaniement,
Des mots chocs pour mettre un vent.
Mais rien n'est encore fini,
On va manger je vous le dis !



200 FAMILLES (Joe)

Que fait-on du blé, du flouze qui pousse au pays de France ?
A qui les champs, qui les mines ? A qui les ports, les usines ?
Qui poussent les jeunes au suicide, les femmes à l'avortement ?
Pourquoi ton assiette est vide et tes gosses sans vêtement ?
Leurs conseils d'administration sont des repaires de brigands,
Où l'on pique ton pognon, où l'on détrousse tes enfants.
A qui les banques, les forêts ? A qui les pierres, les déchets ?

200 familles s'accaparent tes richesses !
200 familles provoquent ta détresse !
200 familles s'accaparent tes richesses !
En France 200 familles provoquent ta détresse !

Qui vide ton frigo d'prolo, rend tes enfants tellement bêtes ?
Pourquoi tu prends des cachetons et ta femme des amphèt'?
Quelle est la dernière fois qu'ils se sont occupés de toi ?
Même pour te donner l'aumône, juste pour t'mettre un doigt.
Leurs conseils d'administration sont des nids de mécréants,
Où l'on nique ta raison, où l'on détourne ton argent.
A qui l'pétrole, les minerais ? A qui l'eau et la monnaie ?



ALCOOLO OFFICE SCHOOL (Joe)

Dans le bus du matin
Qui les emmène sereins
Vers une nouvelle journée
En bon état d'ébriété.
Arrivés devant leur bahut
Ils gueulent et puis saluent
D'un geste méprisant
L'ensemble des surveillants.

Alcoolo Office School !

Les premiers pas hésitants
Puis les premiers beuglements
Remplissent la salle de classe
D'une odeur pleine de vinasse.
C'est pourtant dans ce haut lieu
Que ces élèves malicieux
Font leur classe d'alcoolo
Et de futurs poivrots.

Dans une senteur de vomi
La prof attend une accalmie.
Puis arrive le moment
Où ils pioncent comme des enfants.
Réveil à la gueule de bois
" Fait pas chier, lâche-moi !"
En plus d'avoir l'alcool mauvais
Ils ne sont plus éduqués !




Textes de l'album Punk-Rockers United



DOC PLASTICO (Joe)

Dans une cave en placo, opère "Doc Plastico".
Dans cette odeur fétide, elle charcute et déride !
Refoulée sexuelle mais experte manuelle,
Elle fera une beauté d’un visage disgracié.

Si t’as pas assez d’fric pour t’faire une chir-plastique,
Consulte "Doc Plastico", manieuse de couteau !

En un coup de scalpel sans faire dans la dentelle
Elle enlèvera tes rides et le gras de ton bide.
N’aie pas peur d’la saleté pour te refaire le nez
Elle utilise d’l’alcool puis le trempe dans l’formol.


CES CHIENS DE POLITICIENS (Thex)

J’ai des copains qu’ont hérité d’un chien.
Il est con comme un manche de pelle,
Il ne répond pas quand on l’appelle.
J’ai des copains qu’ont hérité d’un chien.

Il aime tout ce qui a des pattes :
Une vache, un âne, une chatte.
"Crécy la bataille"
Y’a qu’ce nom qui lui aille.

J’ai des copains qu’ont hérité d’un chien.
"Crécy chien de guerre"
Ce nom lui colle au derrière.
J’ai des copains qu’ont hérité d’un chien.

Une couille de travers,
Sans l’vouloir le v’là père.
Il n’aime pas les fêtes de quartier
Préfère grogner et pioncer.

J’ai des copains qu’ont hérité d’un chien.
Seulement un chien ça n’vit pas très longtemps.
Si c’est de la "bonne race" quoi, dix ans ?
J’ai des copains qu’ont hérité d’un chien.

Mais...vaut mieux hériter d’un chien
Que d’un politicien !
Car un putain de politicien
Vit une vie sans fin !


PUNK-ROCKERS UNITED (Joe)

Que tu sois street ou skater,
Anarcho, "not dead", punker.
Que tu aies une crête turquoise
Une boule ou une iroquoise.

Sois fier de ton appartenance,
Sois prêt à entrer dans la danse
Punk- rockers united !
Punk-rockers united !

Que tu joues dans un garage,
Dans un local près d’la plage.
Que tu marches en Doc Marten’s
En Converses ou en vieux Jeans.

Que tu portes un Perfecto,
Un tee-shirt ou un polo.
Que tu dormes la maison,
Dans un squatt’ ou sous un pont.

Que tu préfères boire du Sky
A boire ta bière à la paille.
Que tu sois végétarien,
Carnassier ou vietnamien.


LA FRANCE D'EN DESSOUS (Joe)

Hachis à l’escargot, coucous végétarien
Tu verras ici on mange bien.
L’odeur du moisi plein le tarin,
Tu verras ici on respire bien .
Manche de pioche, gun et surin,
Tu verras ici t’es serein.
Charge de keufs au petit matin,
Tu verras ici c’est divin

Lorsque vivre est un luxe,
Occuper est un droit.
Cette phrase n’est pas de moi
Mais appelle au consensus.

La vie dans un squat’ avec les copains
Tu verras ici c’est cornélien.
Braver les interdits, cocaine ou joint,
Tu vivras ceci au quotidien.
Vivre de nouveaux rapports humains,
Tu verras ici c’est stoicien.
Comme passer du soir au petit matin,
Tu verras ici y’a jamais de fin


LES FOSSOYEURS (Joe)

Ce soir Il y aura de la casse, ce soir ce sera le délire,
Voici les hooligans des rues de Belgrade,
Que sonnent les haches, que retentissent les chaines !
Voici les fossoyeurs, les plus grands déments.

A Belgrade il dirige les Hooligans, en chef de guerre nommé Arkan.
Il forme des Lascars écoutants pour mettre à feu tous les Balkans.
Venus chercher la baston, ils vont trouver la guerre.
Cinq années d’agressions pour des milliers de morts.

En marchant sur le stade Maksimir ils rêvent d’un nouvel empire.
Sans être inquiétés par la police qui de toute façon est complice.
Ils donnent dans la violence gratuite constituant un prélude pratique
Pour commettre leurs exactions sans risquer la mort, la prison !

Ce soir il y a eu de la casse, ce soir ça a été le délire.
C’étaient les hooligans des rues de Belgrade,
Que sonnent les haches, que pleurent les chaines !
C’étaient les fossoyeurs, l’armée des déments.


DUBAÏ SKI-CLUB (Joe)

Entre les golfes d’Oman et Persique,
A Dubai, capitale du fric,
Offre-toi un séjour de ski,
Sous quarante degrés c’est la folie !

Dubai ski-club, tout schuss, tout schuss !
Dubai ski-club, ça pique à la bouche !
Dubai ski-club, ça mousse, ça mousse !
Dubai ski-club, attention les secousses !

Entre les sapins en plastique,
Manger de la neige synthétique,
A côté du détroit d’Ormuz,
C’est le paradis de la loose !

Derrière ces grandes baies vitrées,
Pour se faire de la publicité,
Pas mal de starlettes patraques,
Jouent avec des boules en vrac !

On nous demande de faire attention,
De contrôler notre consommation,
Mais on construit sans hésitation
Un méga-frigo en surtension


C'EST L'HISTOIRE (Giorgio XIII)

C’est la sombre histoire d’un légionnaire, c’est la sombre histoire d’un militaire
Envoyé sur le front par Jules César, envoyé sur le front par des politicards
Pour conquérir le monde encore et encore, pour dévaster le monde encore et encore.
Petit soldat au grand coeur, pour une idée, pour un penseur,
Tu es mort au champ d’honneur, tu es mort au champ d’horreur.

C’est la terrifiante histoire d’un corsaire, c’est la terrifiante histoire d’un mercenaire.
Qui, à la solde de son roi, qui à la solde des hommes de loi,
Pillait et brûlait les navires espagnols, assassine, empoisonne, massacre et viole.
Gagne petit et crève coeur, pour une idée, pour une gageure.
Tu donnes la mort sans honneur, tu donnes la mort dans l’horreur.

C’est l’histoire, petit soldat ! C’est l’histoire, c’est toujours comme ça !
C’est l’histoire, petit soldat ! C’est l’histoire, on ne veut plus de ça !

C’est la terrible histoire d’un fasciste, c’est la terrible histoire d’un terroriste
Qui avec son esprit simple et étroit, qui, sourd et aveuglé par sa foi,
Transforme le monde en gigantesque tombe, effraye le monde en posant des bombes.
Petit militant sans coeur, pour une idée, pour un dictateur.
Tu es mort en bafouant l’honneur, tu es mort en servant l’horreur.

C’est la triste histoire de tous ces combattants, c’est la triste histoire de ce monde sanglant
Qui de tous temps donnèrent leur vie, monde infâme dans lequel je vis.
Pour un faux idéal qui n’était pas le leur, seul désespéré en attendant mon heure.
Stoppons l’hémorragie de nos coeurs, créons un monde tranquille et meilleur
Où les armes deviendront fleurs que nous cueillerons ivres de bonheur.


LE SYNDROME DES THERMOPILES (Joe)

Si tu aimes lors du Haka faire face à Rokoçoko
Ou monter la côte de Huy derrière Riccardo Ricco.
Si tu as le courage de vouloir draguer Padmé,
Ou l’étrange intention de te balader à Lomé

C’est qu’tes couilles sont bien accrochées
Et qu’ta vie va bientôt s’embraser.
Regarde bien sur le sentier d’Anopée
Si personne ne vient te poignarder.

Si tu veux combattre sans casque Oscar de la Hoya
Ou défier Maradona sur le pré d’Mar Del Plata.
Si tu crois un jour prendre un rebond à Michael Jordan
Ou conduire avec 4 grammes au milieu des platanes.

Si t’espères prendre en duel l’homme à l’harmonica
Ou attaquer Ayrton Senna sur le circuit de Monza.
Si enfin tu veux croiser l’fer avec Léonidas
Sache qu’il faut te soigner parce que tu es un vrai naze


NE RUE JOCKAY (Joe)

Si tu n’es pas né rue Jockay ou même à proximité‚
Tu ne peux pas comprendre ce que je vais t’apprendre.
Mes parents ont gagné au loto ils ont tout claqué au bistrot.
C’étaient des vrais barjots, ils ont foutu le feu à l’hosto.

Je suis né rue Jockay, ce n’est pas commun.
Je suis né rue Jockay, pourtant j’suis humain.

J’ai été cueillir des fleurs sur la tombe de ma grande soeur.
Avant d’sortir du cimetière, j’ai pissé sur celle de mon frère.
Ils aimaient être ensemble un peu trop il me semble.
Dans cette ruelle caustique aux relents d’alambic


COMBAT ROCK (Joe)

De l’émeute blanche de 77 au combat rock final,
J’ai tenté de révolutionner tout mon triste quartier
Au son des Clash, des Spécials et d’La Souris Déglinguée
mais ça n’a pas bougé, les gens sont restés figés !

Combat rock, un combat à mener,
Combat rock, suffit pas d’espérer,
Combat rock, retourne les voir,
Combat rock, au temps de leur gloire.

Mais ne croyez pas braves gens que le combat va s’achever,
Jeunesse synonyme de combat mené‚
Car la techno et l’électro ne sont qu’une mode à dépasser
Tandis que le rock tient déjà depuis pas mal d’années.

Intègre les rangs de ce réel mouvement
Montre aux gens que le rock existe !
Et montre aux gens qu’il est présent,
Qu’il ne quittera jamais la piste !




Textes de l'album 100 Haines 100 Violences



BABEL FISH (Joe)

Tu prendras bien un verre de bière
Avant que ne s'écroule la Terre entière ?
Besoin d'un guide galactique
" Pour apprendre langue électronique " ?

Pas d'panique, ici Babel Fish !
Pas d'panique, ici Babel Fish !

Au royaume des acronymes
Du tchat'-sms sur toute la ligne
J'comprends rien à toutes ces proses
Les émoticônes c'est la névrose !

Chaos des écrits par l'Eternel
Communication virtuelle
Du bruit au monde textuel
C'est la nouvelle tour de Babel !



100 HAINES 100 VIOLENCES (Joe)

A peine sorti de ta mère, à sept mois la galère,
Sans biberon pour te nourrir tu aurais déjà pu mourir.
Puis tes dents ont poussé, elles te faisaient hurler.
Ça déplaisait à ton beau-père qui t'cognait au mur de pierre.

100 haines et 100 violences sur ta face la souffrance.
100 haines et 100 violences pour toujours la défiance.

Tes premiers pas à l'école comme si t'avais la vérole,
Avec ton crâne rasé les autres t'ont pas lâché.
Quand tu rentrais tard le soir tu n'pouvais faire tes devoirs,
Une bonne branlée en guise de goûter " ça, tu l'as méritée ".

Ce fût alors les années 'collège' et sa procession de nombreux pièges.
En conseil de discipline t'encaissais plutôt mal les pralines.
Education à l'orientation c'était 'direct la prison'.
Alors t'as vraiment fait le con mais ça c'est de la dérision !



GUERILLA ROAD (Joe)

Mais que fait Nujeli dans la vie ?
Il écoute les fils de sa patrie
Des Amériques ou bien d'Afrique
Pour se conforter dans la nique.
Il aime, il aime ses relations
Il charge, il charge ses munitions
Il prie, il prie pour El Gaucho
Ou bien il sert le capitalot.

Nujeli raconta
Toute sa vie dans les maquis.
Nujeli, lui, n'avait pas de patrie,
Seuls les combats rythmaient sa vie.
Nujeli, lui, passera
Toute sa vie dans les maquis.
Au son des fusils des grenades et des cris
Des blessées et de la survie.

Mais maintenant Nujeli a changé,
Des images de morts plein la tête l'ont rassasié.
Il n'entend plus le chants des batteries
Des fusils, des grenades et des cris.
Pourtant, il charge encore ses munitions
Sans entendre leurs crépitations.
Il ne prie plus pour El Gaucho
Mais sert toujours le capitalot.



DES HOMMES POURRIS (Joe)

Il y a une sorte d'hypocrisie
Dans ces paroles travesties.
Il y a une sorte de fausseté
Qui s'échappe de leurs idées.
Car vous savez Messieurs Mesdames,
J'ai toujours peur qu'il y ait un drame.
Sur cette planète surchauffée,
Après tout ce qu'on m'a raconté.

Soyez sages, soyez éclairés,
Il ne faut plus les écouter.
Soyez présents, soyez engagés,
Il faut vous rassembler.

Il ne faut plus se contrôler
Devant ces mots meurtriers.
J'en appelle à votre pitié,
Ne vous laissez plus berner.
Mais attention à la vilenie
De tous ces politicards rancis.
Il y a toujours une porte dérobée
Par laquelle ils savent filer.

Car ce sont des hommes pourris,
Oui ce sont des hommes pourris !



LA PECHE A LA CUITE (Ricou)

De bon matin avec mon panier, accessoirement mon lancer,
Je m'en vais à la pêche, c'est le début de la grande messe.
Enfin la ligne est montée, le jour vient de se lever,
Le café-Calva devient obligé, normal, on doit se réchauffer :
Premier lancer, OK, mais ça va pas durer…c'est la pêche à la cuite !

" Bouchon à poste " on peut déjeuner, le vin du matin est débouché,
On le boit en une gorgée, normal, on reste concentré :
Second lancer, au poil, mais le vent s'est levé…c'est la pêche à la cuite !

Une truite est déjà attrapée, on peut alors l'arroser,
On boit la bière à grosses gueulées, normal, on est pressé :
Troisième lancer, ça y est, les lignes sont emmêlées… c'est la pêche à la cuite !

L'apéro est maintenant ingurgité, le gros rouge est bien vignifié,
Il accompagnera bien le pâté, normal, avant le pousse-café :
Quatrième lancer, purée, tout vient de casser… c'est la pêche à la cuite !

C'est la fin de la journée, on peut faire une pause-canapé
Regarder un match à la télé et enfin se défouler !



SHAOLIN BOP (Joe)

Inventée par les moines guerriers sur les hauteurs de Song Shan,
Dans la province du Honam c'est la danse des mains et des pieds.
Basée sur la méditations, cette philosophie bouddhiste
Aux principes taoïstes qu'on appelle le Gigong…
…alors viens danser le Shaolin Bop.

Shiva, déesse de la danse, dans une ronde de violence,
Puise dans l'énergie cosmique et atteint l'extase mystique.
Assis au milieu des bambous, il joue du luth en mesure.
Le jeune guerrier manchou lève la tête et murmure…
…alors viens danser le Shaolin Bop.



KILLER'S BALL (Joe)

C'était un soir de Janvier
La première fois qu'il y ont joué.
A foutre au rebus de leur idées
Cette putain de société.
Ils voulaient sortir de l'ennui
Qui depuis des années les suit,
Tous ces jeunes gars sans boulot,
Rébellion, amertume à fleur de peau.

Jouez tous au Killer's Ball,
Vous verrez ce s'ra drôle,
Jouez tous au Killer's Game,
Vous n'serez plus jamais les mêmes…

Ils auraient pu tuer ce soir,
Ils auraient tué sans histoire,
Mais ils ont eu beaucoup plus de gloire
A sortir de leurs trottoirs.
Bon sang ils ont tout compris
Et j'aimerais que vous aussi
Jeune gens de ce beau pays
Voyez voyez ce qu'il faut faire aussi.



MILLE NEUF CENT SOIXANTE (Néné)

En avant jeunesse… pour un tour à pleine vitesse,
Pas de contrôle radar, pas de souci d'alcootest.
Nous sommes en 1960, tout est permis,
Dans les tilts, les bars et les boîtes de nuit.

La candeur de mes 20 ans mêlée à la douceur de tes printemps
Tourbillonnent encore dans ma tête Au Roy De La Bière les soirs de fête !

A fond la musique avec les Stones et les Spoutnicks,
Sur les routes de France l'invasion des Beatnicks.
Dans les surprises party, les séries de slows
Nous transforment pour une soirée en Roméos.

La frénésie du twist nous fait oublier l'école,
Quelques pintes de bière, ni drogue, ni alcool.
Mais attention quand même aux blousons noirs
Qui donnent de la chaîne à vélo, du rasoir.

Au Café des Sports hurle la voix du 'King',
Il chante la fureur de vivre de James Dean.
Savourer les mélodies d'Otis Redding
Voir Ronny Bird enflammer le Skating.



KAMIKAZE DE LA ROUTE (Joe)

Kamikaze de la route,
Fier dans ton beau camion.
Kamikaze de la route,
Comme un Jap' dans son avion.

Accroché à ton volant,
Fossoyeur à la station,
Ton moteur est à explosion
Et ton cœur est un volcan.

Un rond-point à contresens,
Peur sur la perfide Albion,
Ça panique chez les Britons
Et c'est toi qui mène la danse.

Quand tu traces sur la route,
Tu provoques des étincelles,
Dans un bruit de crécelle,
Le bitume tu le broutes.



UNE BIEN BELLE JOURNEE (Joe)

Le mur est tombé par une bien belle journée,
Dans toutes les cités c'était la grande gaieté.
" Enfin la liberté " le peuple s'est écrié,
Berlin en fête et ça lui tourne la tête.
La fête a commencé en cette bien belle journée,
Dans toutes les cités le peuple a bien dansé.
L'alcool coulait à flot et pas qu'dans les bistrots,
Il fallait arroser cette bien belle journée.

Le mur de Berlin n'a pas, n'a pas de fin.
Le mur de Berlin est tombé mais pour rien.
Il coupe l'Europe en deux encore mieux si tu veux.
Il ouvre l'Europe à eux comme la dernière fois un peu.

Tout est pour le mieux, le monde est très heureux,
L'Allemagne réunifiée encore une bien belle journée.
Après toutes ces années de communisme fermé,
Enfin la liberté pour tous ces agités !
Mais il faudrait p't-être penser à tous ces nouveaux nés
Qui ne peuvent même pas s'acheter de quoi bouffer.
Après la frénésie, l'amer mélancolie,
Le mur, c'est fini, et les rires aussi.



AMOURS DE JEUNESSE (Joe/Giogio XIII/David Mc Callum)

Tu m'as demandé pourquoi l'autre jour
Je ne faisais jamais de chanson d'amour…alors écoute !

Si belle et moi si farouche pour un baiser sur la bouche,
Elle est partie si fâchée que de suite j'ai regretté.
De l'initiation à l'amour, en ces temps-là délicieux,
Je retiens de son doux visage ce côté heureux.

Elle t'a souri… alors j'ai rougi.
Elle t'a souri… de suite j'ai blêmi.
Elle t'a souri… et puis je l'ai suivie.
Elle t'a souri… alors j'me suis enfui.

Si dans un mois tu ne ris plus de moi,
Si dans deux mois tu ne veux plus de moi,
Si dans six mois tu te caches de moi,
Si dans un an tu ne me reconnais même pas,
Le plus important enlacé dans tes bras,
L'espace d'un instant je me suis senti le roi.
Le plus important enlacé dans tes bras,
Pour un long moment j'ai cru en moi.

Par la suite je lui ai volé sa vertu, elle ne s'en ai pas défendu.
Avec moi pas de menu larcin, mon nom est Arsène Lupin.
Enfin j'ai du partir pour poursuivre mon long chemin.
Pour nous plus de lendemain pas de chagrin, juste la fin !



EN 80 (Joe)

Où est le bon vieux temps
De l'an 80 et des illusions ?
Où est le bon vieux temps
Des bons concerts punks et des vibrations ?
Où est le bon vieux temps
De la radio libre et des belles chansons ?
Où est le bon vieux temps
De la Nintendo et des jeux d'action ?

En 80, l'Empire contre-attaque.
En 80, Elephant Man est vraiment patraque.
En 80, c'est la Salsa du démon.
En 80, le Rap fait son apparition.

En 80, Saddam attaque Khomeyni.
En 80, Bob Marley est encore en vie.
En 80, Marguerite entre à l'Académie.
En 80, le smurf, c'est la folie.

En 80, Coluche à la présidence.
En 80, Walesa fait d'la résistance.
En 80, Tonton prend les devants.
En 80, LSD a tout juste un an.



COMBO CHAOS (Giogio XIII)

Il se cache derrière ses lunettes,
Masquant son torse à belle moquette,
Aimant nous mener à la baguette,
Il n'en est pas, c'est Touf La Jaquette !

Punch Chaos, ça chauffe comme à OK Corral,
Punch Chaos, pas le Disneyland local.

Comme les femmes sa guitare il chatouille,
Ne chantant jamais car il bafouille,
Il n'en reste pas moins un beau casse-couille,
Mais on l'aime c'est Died L'Embrouille !
C'est quand il joue qu'il rentre en transe,
Tel un pantin sur sa potence,
Il déchire les chœurs et ça balance,
Son nom : Boudour La Chance !

Celui-là fait pas dans l'détail,
Repeuplant l'pays de sa marmaille,
Sur scène c'est le p'tit qui braille,
Attention v'la Joe La Mitraille !


Textes de l'album Radio Chaos



ICI SEDAN (Joe)

Ici t'attends pas à des effets acoustiques
C'est pareil à un désert lybique
Près de Kebado et de ses wadys
Dans le sud-est de la Lybie.
L'autochtone n'aime pas trop la hard-music
Il préfère plutôt les envolées lyriques.
Ici pas moyen de pécho une mélusine,
On s'croirait plutôt dans l'oued timlensine.

Ici SEDAN, ici SEDAN
La raya a trouvé son sahara
Ici SEDAN, ici SEDAN
Passe ton chemin t'arrêtes pas !

A des kilomètres de maisons chaudes
Avec leur 'sex-show' de pauvres,
Pas une seule geisha à l'horizon
Ici c'est surtout pour les mauvais garçons.
Ici ça flingue pas mal et les balles au bal
Même à blanc ça fait foutrement mal
Certains membres du contingent des malfrats
Auront la gueule usée avant les bras.

Lorqu'ils reviennent d'une blessure lourde
Rien ne les empêchent de taper dans la gourde.
De jour comme de nuit, à midi ou à minuit,
Ici tu peux pas croire qu't'es en sursis.
De passage en attente sur le quai de la gare,
Mais espères pas que le train soit en retard.
C'est pas vraiment que ça craint,
Mais l'ennui s'immisce sur le terrain.


RUE PERDUE ETE 2002 (Joe)

Rue Perdue, été 2002,
y-a pas mieux qu'Europe 2
Sur les ondes de notre radio
On se croirait à la Loco !

On en est pourtant bien loin,
Rue Perdue, croisée des destins.
Ici c'est bien "Greenland sat"
sous le cagnard d'un été mat.

Désigné commando pinceau.
Jéjé remonte tout droit de l'Hérault,
pas avec des souvenirs impérissables,
plutôt dans la bouche un goût désagréable .

Thex trace les champlats,
bien serré dans son combinaison de combat.
Son trip à lui c'est le 102 pur,
l'eau lui rappelle trop sa cure.

Tombé de la planète Tarkett
"Grand Loup" s'essaie à la moquette.
Dans sa place c'est le meilleur,
Aucune "plinthes" n'arrête son dur labeur.
Ricou a laissé son combo jaune vif,
il prend l'air près du château d'If.
Ca le change du Samyr 400
Son foie est "brinquebalant".

Venu de la rue des "nains qui montent"
Jean assure un max contre la montre.
Odèle, telle une muse du Soleil,
Illumine les pièces de son sourire éternel.

Et puis y-a tous les autres
Avec leur bonne tête d'apôtre.
Toujours présents à l'heure pile
Sans négociation, sans aucun deal !



NOIRS DESTINS (Joe)

Moi maintenant j'aimerais bien dormir,
Et éprouver ce doux plaisir,
De l'ange qui passe sans ne rien dire
Qui laisse comme seul trace son sourire.

Et je suis là seul dans le noir
A écouter ses cris de désespoir
Dans l'attente au moins Qu'on vienne la voir
Ou abbréger ses souffrances sans espoir.

On est tous là à ne rien faire
A laisser mourir notre mère
Cette terre qui nous a tant donné
Et maintenant qu'on laisse crever.

Mais comme les autres je me voile la face
Et j'aimerais que tout cela se passe
C'est comme jouer à pile ou face
Personne n'est conscient de cette menace.


PAPA THEODORE (Joe)

Yorouba les liait comme des maillons
ils n'avaient pas pris peur de ces colons.
Esclaves sur le nouveau continent
ces africains connurent l'éloignement.

Après les avoir tous déportés
les colons les ont christianiser.
Leurs dieux avec des images bibliques
engendra un culte historique.

Des Africains libres ramenèrent
cette religion pleine de mystères,
qui les emmènent vers d'autres desseins
dont celui d'en faire des assassins.

Dictés par les prêtres du courroux
les meurtres font partie du Vaudou.
A togoville il y avait Hebiesso
que de sacrifices dans les ghettos.



LES ENFOIRES (Joe)

Tu les vois tous les ans à la télé
Ils serinent leur refrain comme à l'été
Ils replacent leurs hits qon ne sait jamais
Des fois que tu les aurais oublier.

Ils prennent pas n'importe qui pour leur festin
A grand coup de pub sur TF1
Dans leur grand appart' parisien
Ils se foutent de qui te donnera du pain.

Le 'Star-system' est là pour le show
Jamais il ne te servira de plats chauds
Tout ça pour voir des intellos
Car les footeux n'ont pas d'cerveau.

T'es heureux de les voir à la télé
Et de passer une bien belle soirée
Au fond que ce soit mal ou bien
Toi seul décide de ton festin !


ETAT DES LIEUX (Giorgio XIII)

Je suis pour les droits de l'homme
Je suis contre les lois à la gomme
Je suis pour un monde de candeur
Je suis contre un monde de terreur

Je suis pour les sages visionnaires
Je suis contre les tristes tortionnaires
Je suis pour l'école laïc
Je suis contre les coups de trique

Je suis pour l'Amour en liberté
Je suis contre le fait d'en crever
Je suis pour les maisons closes
Je suis contre le minitel rose

Je suis pour la magie et le cirque
Je suis contre l'amas de fric
Je suis pour l'avortement
Je suis contre le mal de dent

Je suis pour la pêche "no-kill"
Je suis contre les "Gros-Bill"
Je suis pour la joie dans le monde
Je suis contre les faiseurs de bombes

Je suis pour le tournedos
Je suis contre le Quick et le Mc Do
Je suis pour le bon vin
Je suis contre le mot de la fin !



VIVRE EN FRANCE (Joe)

La France est un pays très riche
Où l'on trouve de tout en foison.
Mais les clodos en guise de niche
Doivent se contenter d'un carton.

La France est un pays fertile
Où pourtant les cuts vont en prison.
Et les vieux chômeurs sans asile
Ne vivent pas plus qu'avec un litron.

La France est un pays prospère
Où certains vivent comme des rois.
Mais dans leur misère
Beaucoup d'enfants crèvent de froid.

Et tout ça, ça fait d'excellents français
D'excellents moutons qui marchent aux pas.



CAFE-CONCERTS (Joe)

En plein mois de janvier,
nous voilà propulsés
dans un bar improbable
pourtant tout à fait respectable.

Nous sommes ici à Haybes,
pas de trace d'éphèbes.
Plutôt la classe 33...
début du chemin de croix !

Quand on sillonne toute la France
il faut faire preuve de tolérance.
De tous ces cafés-concerts
J'peux écrire une oeuvre littéraire

En ce premier du mois de mars
ça tout l'air d'être une farce,
en ouvrant la porte de cette caque
quand tout devient opaque.

On a pas prévu le masque à gaz...
c'est pas vraiment un gymnase.
C'est franchement le chaos urbain
avec cette faune de punks martiens !

Avec l'arrivée du printemps
direction le sud en chantant.
Perdus sur les hauteurs de la Lozère
on découvre la M.J. de la misère.

Un bus de "cas soces"occitants
après un périple tellement suffocant
se déverse dans la dite maison
pour nous lancer : "c'est quoi ta musica con ?".



MONDIAL TRIP (Giorgio XIII)

Quand je fume de la citral
Je m'envole pour le Népal.
A peine arrivé à Katmandou
J'galère sur mon deux roues.

Quand je me défonce la tête
Je visite toute la planète
Attention au retour sur Terre
Le cerveau en gruyère.

Quand je fume de la marijuana
Je me casse à Tijuana.
Je me fais tout le Mexique
Sans claquer un poil de fric.

Quand je me blinde à l'alcool
J'ai des visions d'empire mongol.
Je m'imagine Genghis Khan
Conquérir l'Asie sur un âne.

Quand je pompe de l'Opium
Atterrissage musclé à Rome.
Grand vainqueur du Colisée
La foule est là à m'acclamer.

Aujourd'hui je suis au ciel.
Certes j'ai eu une vie irrélle
mais je laisse derrière moi seuls
ma femmes, mes gosses et mon linceul !



NOIRS DESTINS [2] (Joe)

Le sentier de ma vie semble creuser par des coups de dés.
A grand coups de hasard, je remonte la marelle de l'histoire.
Mais au bout de ma bride, mon destin prend la forme d'un humain
Qui me crache - oui me crache - mon unique demain.

Je dois en fait me démettre
Et admettre cette main mise
Sur la dérive de ma pensée
Qui m'oblige à m'échouer.

Mais " ne te retourne pas … tu l'as juste derrière toi
Sauve toi, sauve toi ". Cette prison n'existe pas,
Les barreaux que je vois, c'est à lui que je les dois :
L'illusionniste de mes sens, ma destinée en apparence.

Je dois me battre, me débattre
Et combattre cette main mise
Sur la dérive de ma pensée
Qui m'oblige à plier.

Mais il est déjà bien tard, je ne peux plus m'en apercevoir.
Je finirai à Katmaya, je finirai tout la-bas.
Engrangé selon la méthode des moindres brisés, des plus encadrés.
Ou selon la place qu'il restera pour ma gueule à moi.

Sur ma troche, ma belle tronche
Je l'ai prise cette main mise
Sur la dérive de ma pensée
Qui m'oblige à pleurer.



AUTANT POUR TOI (Joe)

Autant pour toi, Autant pour toi, tu n'es pas ce que je crois.
Autant pour toi, Autant pour toi, tu ne vaux pas mieux que moi.
Inutile, ne le crois-tu pas, que d'aller par delà ces mots-là.
Je ne vois pas comment ta foi pourrais te sortir de ce mauvais pas.

Je regrette d'être là, d'avoir pris cette place-là.
Je ne suis pas fait pour ça, ni d'ailleurs tous ces gens-là.
Qui sont là, mais pourquoi ? Qui sont là mais ne le savent pas
D'enseigner cette réalité-là, qui ne nous servira pas.

Je ne crois en ce que tu m'enseignes
Je ne crois d'ailleurs plus en toi
En toutes ces paroles en toutes ces peines
Que tu nous déverses en une seule fois.

Tu es là seul devant moi et je ne t'écoute pourtant pas.
Ton play-back ne t'honore pas, mon ennui c'est ton embarras.
Tu ne t'expliques même pas tous les crachats que tu reçois
Mais d'ailleurs dans ton intérieur tu ne t'en aperçois même pas.

Voici venu le temps où nous allons nous séparer.
Ne t'en fais pas, nous n'allons pas en pleurer
Car l'anonymat est le mien et la solitude t'appartient.
Ton métier n'en est plus un, il est sans lendemain.



STAR DE LA TELE (Joe)

Ne suis-je qu'un morceau de viande
mu par un cerveau d'insouciance ?
Suis qu'un produit générique
une mutation cathodique !

Est-ce qu'un dieu a pris ses mains
pour forger mon destin ?
Est-ce qu'un diable m'a craché
dans cette cette télé-réalité ?

Toutes ces questions dés le matin
Ne pas laisser mon âme en chemin.

Faudrait peut-être que je vous dise
que je suis né dans le show-bizz.
Faudrait peut-être pas oublier
que je suis une star de la télé.

Est-ce qu'un jour ça va cesser
toutes ces insultes mal ciblées ?
Mais quand vont-ils arrêter
de nous ridiculiser ?



DECHEANCES (Giorgio XIII)

Pays qui souffre ses différences
Unité brisant les existances
Nation pronant l'intolérance
Crachant sur toutes les croyances
Handicapée par ses carences

C'est ton pays, c'est la France
Hypnotisé tu erres, tu avances
Attendant la délivrance
Occis por toutes tes créances
Sauras-tu saisir ta chance

Tais-toi, travailles te dépenses
Reptilien sans conscience
Oubli que pour toi ils pensent
Prépare ta vengeance

Pandémonium à outrance
Usurpant ton innocence
Il faut réagir dans l'urgence
Stopper toutes ces souffrances
Saigner cette élite rance
Avant que la démence
Ne voile toute évidence
Ton pays c'est la France.


Textes de l'album Punch Chaos ...se déchaîne.



LES CHOSES DE LA VIE - BEBERT (Joe)

Bébert était un gars costaud doublé d'une espèce de salaud
Il vivait ici avec la Margot, son chien et sa bande de marmots ;
Tout ce qu'il faisait c'était picoler, sous les yeux de Foucault, devant sa télé.
Gagner des millions, il s'en foutait. Tout ce qui l'intéressait c'était de gueuler.

Et puis un soir de beuverie, comme chaque soir dans leur taudis,
il tua la Margot dans son lit après l'avoir violée sur l'tapis.
Qu'avait-elle fait pour l'énerver ainsi ? Un mot déplacé, une assiette cassée ?

Bébert sur le rebord du box sort alors son grand mouchoir,
Ecrase une petite larme puis se mouche à émouvoir.
Son seul chagrin, c'est que son chien n'soit pas là.
Son seul regret, avoir loupé la fin de Sagas.



MOURIR DU POGO (Joe)

La soirée avait déjà bien commencé, bière, pif et Tequila frappée,
Nous a emmenés au dernier bistrot…juste devant la salle, quel pot !

Dès que les premiers accords ont résonné, nos verres de bière sont tombés
Pour aller affronter la horde des agités dans un pogo meurtrier.

Le nez en sang, les coudes bien meurtris, c'est même plus que des images que des sensations.
Mais d'où viennent ces vibrations ? Du cœur jeune et fier de la Nation.



COEUR D'HOOLIGAN (Joe)

Autour du stade, tu traîne ta dégaine,
Sourire aux lèvres,
Tu éructes le chant des supporters,
Bomber, casquette, écharpe et fumigènes.

Tout ce que tu aimes en toute liberté,
C'est de chasser le long des travées.
Tout ce que tu veux en toute amitié,
C'est de casser et d'bien rigoler...

En bus ou en train, voleur de bâche,
Tu suis tes joueurs et sans relache,
Tu brûle des bagnoles, tu casses des vitrines,
Ta vie est bien réglée, tellement bien tranquille.

Tu es un gentil hooligan,
Qui gueule et qui rote devant les dames,
Tu es un fier supporter qui claque les choppes de bière,
Sur les zincs de la France !


CATASTROPHE CULTURELLE (Joe)

Je me rappelle de mes 20 ans, j'étais fier et insolent, je crachais volontiers sur les ploucs du quartier.
Car notre culture vivait à cent à l'heure sur l'autoroute, l'autoroute des rockers.

Je me rappelle de mes 30 ans, mon insolence était tombé dans les oubliettes de cette télé dorée.
Tellement intéressé par sa notoriété que plus rien ne pouvait me faire bouger.

Aujourd'hui à bientôt 40 ans, je découvre hébété cette merde innommable que j'ose à peine nommer.
Loft story, la décadence de notre France, le no man's land culturel de notre société.



PRISE DE RISQUE (Joe)

T'arraches le bitume avec tes kicks bien cirées.
Tu bombes le torse sous ton Trojan délavé.
Sur ton coude, une belle toile d'araignée.
Quand tu arrives au bar, un vrai ciné !

Ca arrache les poils tout ce que tu me dis,
J'aimerais vivre cela une fois dans ma vie.
Ca arrache les poils tout ce que tu vois,
C'est encore mieux qu'au cinéma.

Et puis tu commences à blablater.
Tu passes en revue tous les clichés
qui font de toi un homme, un vrai,
qui te passeront à la postérité.



INTERDIT DE BAR (Joe)

La pire des sanctions pour toi, pour moi, c'est d'être interdit de bar.
J'préfère la zonzon et tous les pochtrons qui délirent sur le gazon.

Privé de bar j'préfère me faire bronzer en enfer.
Privé de bar j'préfère aller m'étendre au cimetière.

J'emmerde les gens, je fais ce que je veux car je suis un dieu.
Bourré, plus rien ne m'arrête, je vole, je plane comme une mouette.

Interdit de bar, j'préfère arrêter de boire
Car la vie n'est pas possible sans mes amis qui me font vivre.
Interdit de bar, j'préfère arrêter de boire
Car la vie n'est pas possible sans mes amis qui me feront mourir.



J'AI SHOOTE MON AMI (joe)

Il avait 20 ans et se prenait pour James Dean.
Il fiffait à mort dans les boîtes Halloween.
Je n'étais que son pion mais il avait bon fond.
Ensemble nous vaquions à nos nocturnes expéditions.

Nous étions comme deux couilles dans un caleçon.
C'était à lui les meufs et à moi les bastons.
Au petit matin nous comptions toujours les points,
il gagnait souvent mais restait toujours serein.

J'ai shooté mon ami
Mais maintenant je m'ennuie.
La vie s'est arrêtée la nuit
Où j'ai shooté mon ami.

Est arrivé l'instant où j'ai dérouté son destin.
On ne peut pas rester toute sa vie sur sa faim.
Après une discussion à bâtons rompus,
Un matin comme tant d'autres, il a disparu.

J'ai shooté mon ami
Mais maintenant je m'ennuie.
La vie s'est arrêtée la nuit
Où j'ai shooté mon ami.



ROBERTO (Joe)

Du fin fond de ta cellule, tu croyais pas ça si dur.
Tous tes souvenirs d'enfance tu en as fait ta vengeance.

Tiens bon Roberto c'est ce soir que t'en finis ;
Encore quelques secondes et tu seras parti
La tête dans un sac plastique, ce n'est pas si difficile.

Quand les flics t'ont attrapé, y'avait déjà la télé.
T'aurais voulu leur expliquer mais ce soir t'avais couru assez.

Les yeux fermés, l'estomac plein de téquila.
Ton père, ta mère, t'as tiré dans le tas.
Tu n'reconnaissais plus tes parents,
Sur les murs y'avait trop de sang.



LE TUEUR DU LAC DU LUXEMBOURG (Joe)

Le tueur du lac du Luxembourg a sorti sa télécommande
Pour couler lors des beaux jours tous ces voiliers sans insouciance.
Le tueur du lac du Luxembourg, méfiez-vous en, méfiez-vous en.
Le tueur du lac du Luxembourg a commencé son compte à rebours.

Quel est ce garnement qui s'approche, qui s'approche du lac du Luxembourg ?
Entre ses mains un instrument, que recherche-t-il en ces beaux jours ?
Au milieu de tous ces gens qui s'promènent qui prennent du bon temps,
Il s'avance méprisant vers ces bourges décadents.


Textes de l'album 'Les ivrognes involontaires



BIG SPIDER (Joe)

Aujourd'hui la mort s'écrit
En lettres de sang sur vos écrans
Ils s'y échangent honteusement
La vie de nos enfants
Au moment du démantèlement
D'un réseau de véritables déments
Notre très cher président
Veut leur ouvrir l'enseignement

Big brother is watching you
He deceives mentally your control
Big spider is fascinating you
She wins you other with legal drug.

L'araignée tisse sa toile
Au mépris des règles établies
Sa vitesse est stupéfiante
Tous les pays semblent conquis
Demain la vie sera simple
D'un côté les dompteurs de l'autre les singes
Tous délestés de nos méninges



MES PETITS INDIENS (Joe)

Mes petits indiens sont au grenier
Ils y dorment depuis pas mal d'années
Ils sont rangés hors de ma portée
P'têt' bien qu'un jour ils vont se mettre à marcher

Ce sera alors pour mieux respirer
Retrouver leur savoureuse liberté
Que j'ai défendu pendant toutes ces années
A la barbe de mes parents et d'autres clichés

Il serait bien temps d'avouer
Que mes petits indiens m'ont manqué
Que désormais plus rien ne pourra
Oh non, nous séparer



LES IVROGNES INVOLONTAIRES (Joe)

Un jour où l'autre on ira tous
Même si beaucoup, le méritent avant nous
En attendant on boit comme des trous
Ecumant les bars à la manière de tous

Qui comme nous buvaient
Qui comme nous rêvaient
A des lendemains plus gais
A des jours moins mauvais

Nos sentiments baignent dans la bière
Nous sommes des ivrognes involontaires
Nos abreuvoirs vont de pubs en cimetières
Buvant toujours à la mémoire de nos pères.


UN XIII SUR LA PEAU (Joe)

Sous la pluie ou bien dans le brouillard
Dans un mètre de neige en plein cagnard
Sa mémoire est vidée de tout espoir
Dans ses yeux un seul regard
Pourchassé de Londres à Gibraltar
Il est à la recherche de sa mémoire
De filatures en interrogatoires
Il est à la recherche de son histoire

Il n'a plus de nom tout juste un numéro
Un XIII tatoué sur sa peau

De ville en ville et de nom en nom
Il doit se battre sur tous les fronts
De la police organisée
Aux services secrets très disproportionnés



PAUVRE FILLE EGAREE (Joe)

Un jour ils se sont rencontrés
Tout de suite ils se sont aimés
Lui rêvait de voitures
Et elle bien-sûr d'aventures.

Pauvre fille égarée
Pauvre Clyde enivrée
Ils ont toujours aimé la vie
Vous n'avez jamais rien compris
…non rien compris !

Un jour ils ont fait un casse
Sans aucune distinction de classe
Robin des bois des temps modernes
S'il ne fût qu'une mort ce fût la sienne.

Pauvre fille égarée
Pauvre Clyde abandonnée
Ils ont toujours aimé la vie
Vous n'avez jamais rien compris
…non rien compris !
Un jour elle s'est blessée
Lui bien-sûr l'a aidée
Dans cette jungle pleine de danger
Ils se sont tant et tant aimés.

Pauvre fille égarée
Pauvre Clyde délaissée
Ils ont toujours aimé la vie
Vous n'avez jamais rien compris
…non rien compris !
Pauvre fille égarée !

LA REINE DE L'AMERIQUE (Joe)

C'était la reine de l'Amérique
Elle souriait, elle était belle
Elle pouvait vraiment être fier
Car là-bas tout le monde l'aimait

Mais maintenant elle morte
Toute seule derrière sa porte
Plus aucun bruit ne l'insupporte
Maintenant qu'elle est morte

C'était la reine de l'Amérique
Sur grand écran technicolor
De l'avis même du président
Les hommes préféraient son corps

Mais Marylin est morte…



LE ROI DES FLIBUSTIERS (Joe)

Né français aux Sables d'Olonne
On l'appela l'olonnois
Puis 'fléau des Espagnols'
Pour tous ses sanglants exploits
Sur la côte près de Campeche
Il frôla de près la mort
Mais sa ruse le rachète
Et lui offre un meilleur sort

On ne saurait oublier la légendaire
Mais triste mémoire de l'olonnois
Jean-David Nau qui naguère
Transforma la mer en enfer

De retour à Tortuga
On l'accueille en héros
Il repart pour Cuba
Embarque pour Maracaïbo
L' Espagnol est aux abois
L'olonnois ne s'en plaint pas
Il massacre de sang-froid
Tue et pille à tout-va !

Mais la chance va tourner
Lors d'une expédition manquée
Qui l'emmène de San Pedro
Avec plus de 300 matelots
Son navire à la dérive
L'emmène sur une autre rive
Où l'attendent les indiens
Qui n'en laissèrent rien



AVENIR BRISE (Joe)

Complètement encastré dans ton univers familial
Tu vois en ta mère une déesse d'amour impalpable
Ton père représente à tes yeux la réussite idéale
Complètement aliéné tu ne cherches pas la vérité
Tu es même devenu préfabriqué
Dans ce monde que tu dis détester
Toutes ces poses que tu as volées.

Tes idées ne sont pas les miennes
Ton identité t'a échappé
Au profit d'une machine à répéter
Qu'a su procréer ta société

Nous pourrions t'excuser des maux que tu nous a déversés
En inculquer la faute à tes chers parents
Mais je ne crois pas qu'agir ainsi puisse t'aider
Ton seul avenir c'est de réussir comme ton père
D'épouser une femme comme ta mère
D'entrer au front national et d'y militer.



MYSTERES A ARKHAM (Joe)

Mystère à Arkham, peur sur la cité
Mystère à Arkham, aucune raison d'y rester
Qui sont-ils ? D'où viennent-ils ?
Ce sont les rejetons des grands anciens
Que veulent-ils ? Où vont-ils ?
Ce sont les fils de Cthulhu et les siens…

Dés que la nuit tombe se propagent des ombres
Dés que la nuit tombe tournent autour des tombes
Tous les monstres de l'ombre dans leur malsaine ronde
Dés que la nuit tombe se propagent des ombres



PAUVRES PANTINS (auteur inconnu)

Quand au bout de huit jours le repos terminé
On va reprendre les tranchées pour revenir mutilé
En cœur bien gros comme dans un sanglot
On dit adieu aux civelots même sans tambour même sans trompette

Adieu à la vie, adieu l'amour
Adieu toutes les femmes
C'est bien fini c'est pour toujours
De cette guerre infâme
C'est à Craonne qu'on laisse sa flamme
Car nous sommes sacrifiés
Car nous sommes condamnés
Car nous sommes sacrifiés
Nous sommes des condamnés

C'est malheureux de voir sur les grands boulevards
Tous ces bourges qui font la foire
Tous ces bourges qui font la foire
Si pour eux la vie est rose
Pour nous c'est pas la même chose
Car nous n'avons rien
Nous les pauvres pantins !



LE P'TIT BAL DU SAMEDI SOIR (Joe)

Comme tous les samedis soir que j'vis
J'vais au bal avec tous mes amis.
J'connais maintenant tous les bleds du coin
Les voyous, les garces et leurs marsouins.

A toutes les buvettes je bois plus que c'qu'il faut boire
Mais rien n'y fait, je serais pété ce soir
Depuis des années que j'traîne dans toutes les bagarres
Du bal, du bal du samedi soir.

Puis un soir j'ai rencontré Mireille
Elle était belle, elle sentait comme le miel des abeilles.
Alors j'l'ai grimpé dans ma super caisse blindée
Et depuis tous les samedis j'me fais chier.

Maintenant j'passe mes soirées à bosser comme un damné,
Car Mireille est croisée avec une pigmée
Maintenant j'regarde par la fenêtre passer
Mes potes qui vont s'éclater !